mardi 6 novembre 2012

RENCONTRE AU SOMMET A MADRID

Début octobre, au Cosmocaixa de Madrid, a eu lieu la traditionnelle rencontre des directeurs de musées scientifiques et responsables de Planetarium espagnols. Une rencontre placée, cette année, sous le signe de l'auto-réflexion et du bilan.

Entrée du Cosmocaixa de Madrid

La crise économique....encore ??

La semaine était chargée pour le centre madrilène puisqu'en plus de la rencontre des directeurs, le Cosmocaixa accueillait le III symposium de muséologie scientifique. Le choix de la simultanéité était assumé car permettait aux directeurs d'assister succèsivement aux 2 événements.
Cette année, le symposium de muséologie s’est intéressé à “l'évaluation des expositions scientifiques”.
Comment connaitre mon public ? son sentiment dans ma nouvelle expo ? pourquoi  a-t-elle ou n'a-t-elle pas fonctionné? Qu'est ce que j'ai raté? sont autant de questions auxquelles l’évaluation tente de donner une réponse.

Mais, le choix de cette thématique va plus loin et on peut y trouver un écho à la situation économique espagnole. L'austérité, qui caractérise actuellement les politiques culturelles, accroit de manière exponentielle l'importance de la justification des dépenses. La FECYT (fondation espagnole pour la science et la technologie) fait face à la multiplication des demandes de subventions et à une réduction des fonds attribués aux actions de culture scientifique (4,4M en 2009 et 3,2 M en 2012). La capacité d’évaluation des effets d’un projet sur le public devient alors un élément clé dans l’attribution des subventions.



L’évaluation: du questionnaire au crowdfunding

Quand on parle “évaluation d’une expo”, on pense aussitôt au questionnaire distribué en fin de visite avec son lot de questions et de cases à cocher. Cette pratique encore commune est en mutation.
Ainsi, le Musée des Arts Décoratifs de Madrid a fait le choix de faire participer le public du début à la fin de l’expo « fascinados por Oriente ». Dès le pré-projet, des visiteurs ont été interrogés sur leur vision de l’«Orient » pour créer un “paysage sémantique fonctionnel”. Lieux, sensations, couleurs... autant de concepts employés par le public pour décrire “leur orient” qui ont pu être utilisés pour orienter certaines décisions muséographiques. Cette rencontre directe avec le public, en amont du projet, se trouve également dans la création du Visiatome, le centre d’interprétation du nucléaire de Marcoule. Dans un lieu ou le sujet abordé est plus conflictuel, la participation prend une toute autre dimension.
“Évaluer oui! Mais à quel prix?” déclare un des participants...La situation économique et l’engagement financier pour l’évaluation restent omniprésents dans les débats.
Eusebio Bonilla, Conservador. Técnico Superior de Museos del MNCN-CSIC. Vicedirección de Exposiciones y Programas Públicos

L’émergence d’autres types de participation comme le crowdfunding peut être, pour certains, une solution. Dans un précédent billet, j’avais eu l’occasion de parler de la plateforme TARACEA de la FECYT. Un objectif simple : financer des projets de culture scientifique via micro-mécénat.

Le micro-mécénat ou crowdfunding est une forme de financement de projets ouverte à tous. Beaucoup utilisé dans le milieu culturel, il permet à de petits projets de se réaliser (disque, magazine, court-métrage...) via plateformes internet (ex: lanzanos). Tout le monde peut ainsi apporter sa pierre à l’édifice culturelle sans pour autant se ruiner. Le concept fonctionne plutôt bien mais peut-il être appliqué aux musées?

Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Madrid (MNCN) réfléchit déjà à cette idée et pense proposer d’ici peu une série d’expositions temporaires via crowdfunding. C’est le public qui, via son don, décidera de la programmation de l’institution. Une autre manière d’intégrer l’avis du public mais au risque de voir une homogénéisation de sa programmation.
Mais une autre question se pose : peut-on vraiment envisager un don désintérresé sur ces plateformes? Les chiffres cités pendant les conférences parlent de 70% des projets culturels financés. Mais les projets réalisés via crowdfunding sont ou bien emblématiques (rachat du laboratoire de Tesla pour en faire un musée) ou bien intéressés (aider à la publication d’un livre et recevoir un exemplaire). Que pourrait offrir un musée  comme le MNCN en échange d’un don ?  





D’une réunion à l’autre

Le symposium n’était qu’une mise en bouche. L’objectif réel de la réunion était de faire, en une matinée, un bilan de l’année 2011-2012. Un grand nombre d’institutions (trop peut être) ont pu  alors se succéder pour présenter leurs projets d’avenir et leurs difficultés présentes... Entre Musées bien installés et structures récentes, ce tour d’horizon a surtout servi à montrer les limites du format actuel adopté pour la réunion des directeurs.
Comme le remarquait le directeur du tout nouveau MUNCYT de A Coruña, une vingtaine de présentations en une matinée c’est beaucoup surtout lorsque l’on se connait déjà. L’intérêt réside d’abord dans les retrouvailles plus que dans les présentations.
C’est donc fatigués qu’ils se sont rendus à la rencontre de cloture en présence de journalistes scientifiques(l’occasion pour moi de connaitre des gens de Quo et de Materia) et d’entreprises culturelles, un moment d’échanges intéressants entre “cañas” et “pinchos de tortilla”.
En définitive, cette XIV réunion des directeurs de musées et de responsables de Planetarium était un peu à l’image de la présentation réaliser par le tout nouveau Casa de la Ciencia de Séville: une grosse envie de travailler dans le présent mais un réel doute sur ce que réserve l’avenir.

Photo des différents participants à la réunion des directeurs

samedi 29 septembre 2012

La nuit des chercheurs les pieds dans l'eau

 


La région de Murcia (sud/ouest espagnol) est plus habituée aux fortes chaleurs qu'aux pluies d'orage. La journée d'hier en est une belle preuve. Des trombes d'eau ont commencé à tomber vers 16.00 provoquant un véritable désordre.

                      (précipitation en litre par m2 dans les principales villes de la région de Murcia)

La Nuit des Chercheurs organisée par L'université de Murcia a, elle aussi, souffert les conséquences de la météo. 

10cm d'eau au niveau de la place du "cuartel de Artillería", lieu habituel de la "Noche de los Investigadores" (nuit des chercheurs) de Murcia.
Les festivités ont du être annulées. En espérant que l'année prochaine soit plus clémente.




vendredi 7 septembre 2012

La culture scientifique est-elle un luxe?

Depuis le 1er septembre la TVA a quelque peu changé en Espagne."quelque peu" est un euphémisme quand on voit les évolutions sur certain produits. Mais, je vous rassure, nous n'allons pas détailler l'ensemble des changements. Que les couches culottes passent à devenir un produit de luxe n'est pas le sujet de ce petit post.


 
Allons donc directement "al grano", à ce qui nous intéresse.
La TVA sur les billets d'entrée des "Museo de la Ciencia" passe du 8% à 21%.
Une augmentation de 13 points, on est d'accord, ce n'est pas négligeable. Mais ce qui me gêne c'est que ce "super taux" est associé aux produits de luxe et de loisirs.  La culture scientifique (et la culture en général) un luxe????
Les "recortes" (coupes budgétaires) avaient déjà pas mal chamboulé le monde culturel. Vous imaginez bien que cette augmentation de la TVA n'a pas fait d'heureux.

                                           La culture n'est pas un luxe #CULTUREproteste


Mais bon, dans un pays où les déclarations du joueur du Real Madrid C. Ronaldo sont presque aussi importantes que celles d'un ministre (dans les médias du moins), on peut comprendre le peu d'échos médiatiques qu'ont pu avoir les manifestations d'un monde culturel quelque peu résigné.

         le sélectionneur Vicente del Bosque intérrogé sur les déclarations récentes de Ronaldo sur "son sentiment de tristesse" dans L'Hormiguero programme en access prime time

La culture est devenue secondaire, anecdotique et les musées, un luxe que bon nombre de municipalités ne peut plus se permettre. Ainsi, les Musée des Sciences de A Coruña, référence espagnole de la médiation scientifique, ont vu débarquer à leur tête un fonctionnaire sans expérience du monde de la CCSTI: la gestion avant la médiation. 

lundi 27 août 2012

L'union fait la force

13 Museos de la Ciencia espagnols du nord du pays ont décidé de se féderer autour d'un projet, d'une route pour donner plus de visibilité à leurs activités. "Museo de la Ciencia. Ruta del Norte" cherche à dépasser les frontières propres à chaque institution. A l'image du chemin de Saint Jacques de Compostelle, cette route transcourt tout le nord de la péninsule ibérique(Galicia, Asturias, Castilla y León, Cantabria, País Vasco, La Rioja et Navarra), passant 13 instutions de la culture scientifique et technique et industrielle (Arkeologi Museoa Bilbao, Ene.Museo Nacional de la Energía de Ponferrada, Museo de la Evolución Humana de Burgos y Yacimientos de Atapuerca, Museo de la Ciencia de Valladolid, Planetario de Pamplona, Museo Nacional y Centro de Investigación de Altamira, Museo del Jurásico de Asturias, Centro de Arte Rupestre de Tito Bustillo, Parque de la Prehistoria de Teverga, Museo de la Siderurgia y Minería de Sabero et la Casa de las Ciencias de Logroño).

Le projet, déjà présent sur facebook, s'est construit pour pouvoir partager expériences, visiteurs...une référence dans le partage d'activités de médiation scientifique.

jeudi 9 août 2012

5 "Museos de la Ciencia" à découvrir cet été


Comme vous le savez peut être, je travaille depuis quelque temps en Espagne ( Cf. Interview Knowtex) dans un « Museo de la Ciencia ». Comme l’heure est aux vacances estivales , j’ai pensé qu'un petit panorama de la culture scientifique espagnole n'allait pas nous faire de mal.
Oublions donc un peu les topics espagnols, plages tapas, soleil et flamenco, pour découvrir quelques musées et autres centres de culture scientifique ibériques. Qui sait ? L’un d’entre vous aura peut être l’occasion de les découvrir.

1-     Parque de la Ciencia, Granada (Andalousie)



Quand on parle de Grenade on pense d’abord à l’Alhambra. Mais, la cité andalouse est aussi connue pour son énorme « parque de la ciencia », 70.000 m2 dédiés à la culture scientifique. Une journée suffit à peine pour tout voir ! Personnellement, je recommande le « mariposario tropical » et la salle dédiée à la science de Al-Andalous.

    2-   Museo de la Ciencia, Valladolid ( Castille et León)
 

Découvert lors du COMCIRED de 2012, le musée de Valladolid mérite le détour. L’eau y est omniprésente! Construit sur les berges du Pisuerga dans un ancien complexe industriel, le « museo » s’est attaché à faire découvrir ce bien si précieux en Espagne. 
Allez faire un tour au Planetarium, vous pourrez y découvrir « El juez de la Luna » (le juge de la lune), un étonnant mix entre Droit et Astronomie.

3-     Cosmocaixa, Barcelona (Catalogne)


Bien connu des espagnols, c’est un peu l’incontournable de la liste. 
Financé par la Fundación La Caixa (Cf article Knowtex sur le financement de certains musées) , le centre a fait peau neuve il y a quelques années et s’est doté d’un planetarium en 3D. De grosses expo et un espace assez sympa. Un bon plan pour qui décide  passer quelques jours dans la capitale catalane.

4-     =MC2, A Coruña (Galice)


Le cas de A Coruña est interessant. J'ai presque tendance à la considérer comme la capitale espagnole de la culture scientifique. La ville n'est pas très grande et pourtant il y a une grande densité de structures. 
D’abord, le =Mc2 est plus qu’un musée. Il s’agit, en réalité, de 3 espaces bien différenciés (Casa de las Ciencias, Domus y Aquarium Finisterrae). On pourrait même élargir à 4 espaces à la vue de la volonté affichée de créer un espace numérique de médiation (e-museo). 
De plus, A Coruña compte,depuis mai dernier, un musée de plus avec le MUNCYT (Museo national Ciencia y Tecnología). Extension du Musée madrileine, le site galicien possède des objets impresionnants comme un "bout" de Boing 747 donné par la compagnie aérienne Iberia.

5-     LePamplonetario, Pamplona (Pays Basque)


Pour terminer ce petit tour d’horizon, je voulais vous parler d’un planetarium. Assez fana d’astro, je n’ai pas pu résister. Il s’agit du plus grand d’Espagne avec une programation assez sympa.  


Ce petit tour d'horizon reste très personnel. Il existe d'autres "museos" (Teruel, Cuenca, Malaga, Madrid, Sevilla...). De quoi alimenter un autre petit billet...peut être l'été prochain.

mardi 10 juillet 2012

vacances besogneuses

En Bretagne depuis quelques jours, j'ai eu envie de faire quelques visites culturelles. Mon programme est chargé et passe par quelques arrêts obligatoires.
L'espace des Sciences de Rennes reste un incontournable pour moi. L'exposition temporaire sur la chimie m'intéresse. Nous avons eu une petite expo sur la chimie au Museo de la Ciencia y el agua . En outre, je ne manquerai pas de faire un tour au Planétarium, histoire de jeter un coup d’œil à la concurrence.



Une autre exposition m'interpelle à quelques km de la ville de St Malo, la cité balnéaire reçoit une exposition sur les monstres marins:"20 000 Monstres sous les mers". D'un côté, cette exposition sent un peu "l'attire touristes" en mal d'activités lorsque le temps fait des siennes. Mais, je peine à résister et je crois que je vais céder à la tentation.



La tentation va aussi me conduire au CCSTI de Lisbonne. Après quelques jours au frais en terres celtiques, je voguerai vers de nouveaux horizons...pour un WE. J'ai bien envie de découvrir les spécificités du PAVILHÃO DO CONHECIMENTO CIÊNCIA VIVA et leurs expositions. J'ai beau être en vacances, ya pas dire, on se refait pas.     

mercredi 30 mai 2012

Más Allá del Ladrillo - Salvados

Dimanche dernier, le programme Salvados de la chaine espagnole La Sexta décidé d'analyser la réalité de la recherche scientifique espagnole. Entre licenciements, installations de pointe sans usage et projets arrêtés, Jordi Evole nous offre un panorama désolant du futur de l'Espagne.

                                       Entretien avec Patricia F de Lis, journaliste scientifique

                                     Visite du Centro de Investigación Príncipe Felipe de Valence 
                                     qui a du licencier en masse.

                            Des scientifiques, désabusés, au chômage ou qui pense à leur reconversion (taxi,  
                            hôtellerie)

                                            Entretien avec le président de la région basque

mardi 22 mai 2012

Nuit des Musées






Une nuit des Musées pleine de nouveautés pour le @Museociencia . On a extériorisé le planétarium: grande projection du ciel sur la façade du musée, observation à l'oeil nu, avec des télescopes ou avec des app sur smartphone et tablet (google sky map).

mercredi 2 mai 2012

#sinciencia

J'en ai déjà parlé à de moultes reprises, l'actuel gouvernement espagnol  multiplie les "recortes" dans la recherche. Cette politique a entrainé une serie de manisfestations de la part de scientifiques et d'acteurs du monde de la culture scientifique. Dernièrement, une série de courtes vidéos a commencé à circuler sur le web. Elles partagent toutes un même slogan: #sinciencia no hay futuro (sans science pas de futur).
Je vous en laisse quelques unes:

    Javier Armentia, astrophysicien et directeur du planetarium de Pamplona
"les projets de culture scientifique peinent à se financer et à exister"

                            Juan Ignacio Pérez, Chaire de Culture Scientifique, Université du Pays Basque 
                      "les "recortes" n'affectent pas seulement les scientifiques mais la société en général"
 
                                            Jose Antonio Pérez, réalisateur et scénariste
"Les "recortes" en science ont du bon. Les gens prendront conscience des effets négatifs du wifi sur les enfants..."

mardi 17 avril 2012

Porque tu lo vales....

J'avoue, je suis coupable. Ça fait plusieurs jours que je n'ai rien écrit sur ce blog mais bon... la semaine sainte, les fêtes du printemps...j'en ai profité.
D'ailleurs, en parlant de ça. L'autre jour,  assis à une terrasse, je m'amusais à la lecture d'un article sur un prof français qui a pourri le web.
Cette histoire m'a rappelé, allez savoir pourquoi, un post d'un blog espagnol.
Tout commence avec une pub de l'Oréal diffusée en Espagne.


Ce qui choque Jose Manuel López Nicolás, auteur du blog et professeur de l'Université de Murcia, c'est la mauvaise utilisation faite du terme arginine. Au lieu de la présenter comme un acide aminé le spot préfère utiliser le mot "protéine", surement plus vendeur.
Habitué à ce type d'erreur et aimant les dénoncer, @ScientiaJMLN tweete et publie un article sur son blog. L'article sort rapidement de la blogosphère. A la radio et dans certains journeaux, on parle du blog Scientia. Les choses commencent à prendre de l'ampleur.
La réponse de l'Oréal ne se fait pas attendre. Le département de communication laisse un commentaire sur l'article mais, surtout, on voit apparaitre un petit changement dans le spot . Comme vous pouvez le constater, dans la vidéo espagnole, le mot protéine a disparu au profit de "actif". Est-ce le blog qui a provoqué un tel changement?? Je crois que la firme française ne le reconnaitra .... Mais, dans le spot français l'erreur persiste donc....




mercredi 28 mars 2012

Quand arrive la semaine sainte.... (1ère partie de notre voyage autour de l'eau)

La semaine sainte est sur le point de commencer.....
Pour nous français, il s'agit  d'un étrange spectacle: processions, costumes, ferveur... Toutes les villes ont "leurs" processions. Les habitudes changent d'une région à l'autre, d'une ville à l'autre. Dans la région de Murcia, par exemple, chaque ville à son "style", ses spécificités. De la militaire Cartagena à la Huerta de Murcia, la fête prend des teintes plus ou moins colloré.


Mais, que fait un post sur les processions dans ce blog, me direz-vous?
Continuer votre lecture, vous allez comprendre.
Les clichés ont la dent dure. Les processions, les costumes... c'est pas toute l'Espagne. Quand, dans le JT, on vous parle de la semaine sainte, on vous colle, le plus souvent, des images de Seville, la ville andalouse. C'est vrai que, là bas, les processions sont vécues de manière presque passionnelle. Je ne sais pas si vous vous souvenez, probablement non, mais l'année dernière a été trangique pour les sévillans. Pas à cause du film de Tom Cruise (mettre la feria de Pamplona dans les rues de sévilles (min 2.10)...on aura tout vu) mais à cause de la pluie.



 Ahhhh la pluie, ce bien si précieux.... et si rare dans le sud de l'Espagne, est source d'inquiétudes. Pleuvra, pleuvra pas? C'est l'éternelle question. Et pourquoi?
Les pluies de la semaine sainte représentent un véritable enjeu. Et pas seulement pour ceux qui défilent dans les rues. En effet, de nombreux espagnols profitent du jeudi saint, du vendredi saints (fériés) et du WE pour  partir en vacances.
Et là arrive la question, celle qui fait la une de tous les JT (non sans irriter les météorologues): Quel temps fera-t-il pendant la semaine sainte?
La météo n'est pas une science exacte, les pronostiques printaniers n'ont rien d'une vérité universelle .Les changements climatiques sont nombreux pendant cette saison particulièrement instable. Les bulletins météo, du coup, sont loin d'être fiables surtout quand ils sont réalisés longtemps à l'avance.

L'autre jour, à la radio, une spécialiste de Aemet (équivalent espagnol de météo france) a presque du s'excuser de ne pas pouvoir assurer (et rassurer) le temps qu'il allait faire plus de DEUX semaines avant les dites festivités.
Je veux bien comprendre cette préoccupation populaire mais en même temps... quand on y pense....l'hiver a été plus que clément. Et pendant que certains s'inquiètent du temps de la semaine prochaine d'autres s'alarement.
La région de Murcia, normalement sèche, est en état d'alerte. Pas de pluie ou trop peu, les réserves sont au plus bas et le débat sur la déviation du fleuve Tajo pour "hydrater" la région risque de s'emballer.
Depuis plusieurs années, la région de Murcia lutte pour que le fleuve Tajo donne un peu de son eau à une région qui a soif... Mais la question est complexe: enjeux politiques, environnementaux .....

                                                                    source wikipedia

Dans un prochain post, nous poursuiverons notre voyage aquatique..... 

dimanche 18 mars 2012

Élégante référence à la fête des pères

Demain, c'est la saint "jose" (joseph). Pour les espagnols,  c'est la fête des pères. Et comme vous pouvez le constater le choix de l'illustration pour le billet de loterie est plus qu' évocateur...






jeudi 15 mars 2012

Pour essayer de comprendre ce que sont les UCC+i, Alexis Brexel - le plus espagnol de nos médiateurs scientifiques – a décidé de se plonger dans le livre blanc des UCC+i publié par la FECYT tout en ayant un oeil sur l’UCC+i la plus proche de chez lui : la Fundación Seneca.



 Dans un pays où 35 % de la population se considère pas ou peu intéressée par la science (d’après l’étude « Percepción social de la ciencia y de la tecnología ») et où le Ministère de la Recherche et de l’Innovation a disparu avec l’arrivée du nouveau gouvernement, coordonner les forces en présence devient une nécessité. La FECYT (Fondation espagnole pour la culture scientifique et technique) a créé récemment une toute nouvelle plateforme : COMCIRED. Sous ce sigle se cache un projet des plus ambitieux : « communiquer la science en réseau ».
Dans un précédent article, j’avais déjà eu l’occasion de parler des réseaux gérés par la FECYT : musées des sciences, institutions locales et UCC+i (« Unidad de cultura científica » : unité de culture scientifique). L’objectif de COMCIRED est simple : une unique plateforme pour faciliter la visibilité de ces différents réseaux. Pour nous, français, la démarche espagnole est comparable à celle de l’AMCSTI : un annuaire qui compile les acteurs de la culture scientifique.
Si on jette un coup d’œil à l’annuaire français on trouvera, comme sur COMCIRED, des musées, des institutions locales mais aucun équivalent des UCC+i. Pourtant, la FECYT nous les présente comme les principaux acteurs de la diffusion et de la vulgarisation de la science… Pour essayer de comprendre ce qu’elles sont et ce qu’elles font, j’ai décidé de me plonger dans le livre blanc des UCC+i publié par la FECYT tout en ayant un oeil sur l’unité la plus proche de chez moi : la Fundación Seneca (voir une précédente interview).


Avant tout, ne nous trompons pas, les UCC+i ne sont pas les homologues espagnols des centres de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) français. La grande majorité n’est même pas accessible au grand public. Un simple regard à la porte d’entrée de la Fundación Seneca (voir photo ci-dessus) suffit à s’en convaincre. Mais si le public n’y a pas accès, comment les considérer comme des acteurs de la vulgarisation ?

UCC+i, des médiateurs ?

La FECYT les définit comme des “médiatrices” qui connectent journalistes et scientifiques. Elles élaborent des contenus “intéressants et accessibles” pour le grand public tout en respectant le travail du chercheur. Ces contenus sont fournis aux journalistes de la presse locale, régionale et nationale qui vont pouvoir les diffuser. Un travail d’équilibriste qui s’apparente à celui d’un cabinet de presse.
Prenons un exemple : une université, possédant une UCC+i, veut communiquer sur les récents résultats d’un de ses laboratoires de recherche. Pour cela, l’unité prépare un papier accessible et attractif pour le grand public. Mais une fois rédigé l’article, sa diffusion n’est pas toujours simple. Pour faciliter ce travail, la FECYT a créé la plateforme SINC (« Servicio de información y noticias científicas ») où les UCC+i peuvent publier leurs articles. SINC est devenue rapidement une ressource pour les journalistes de la presse espagnole qui ont accès rapidement et facilement à des articles adaptés aux exigences journalistiques.
Par ailleurs, l’émission “Microciencia” réalisée avec la radio Onda regional dévoile quotidiennement le labeur de la recherche scientifique locale sous la forme de courtes interviews diffusées à des heures de forte audience. Même chose dans le supplément culturel hebdomadaire “ababol” du journal local “La Verdad” où les scientifiques régionaux sont à l’honneur.

Ce travail de diffusion de la Fundación Seneca permet une plus grande proximité avec les scientifiques mais reste relativement récent et est loin de représenter l’ensemble des activités de la Fondation. En effet, cette dernière a d’abord été conçue pour coordonner la recherche scientifique locale. Ce n’est que bien plus tard que s’est posée la question de la diffusion et de la vulgarisation des savoirs acquis. La Fundación Seneca n’est pas née UCC+i et n’est pas que UCC+i. Les choses se compliquent un peu dans le paysage de Miguel de Cervantès…

Un simple cabinet de presse ?

La lecture des premières pages du livre blanc des UCC+i aurait tendance à nous les présenter comme des acteurs, non de vulgarisation, mais de la diffusion de la science. En somme, un intermédiaire entre scientifiques et journalistes et non entre scientifiques et grand public. Mais, il s’agit du rôle qu’on leur a donné en 2007, quand la FECYT a facilité leur émergence.
À la vue des activités des UCC+i, cette définition est devenue bien trop réductrice. Le concept de UCC+i ne se réduit plus à la seule production de communiqués de presse. La mission de promotion de la science dans la société couvre désormais beaucoup plus d’activités. La dernière réunion nationale des réseaux de la FECYT en novembre 2011 à Valladolid nous l’a bien montré (lire mon Storify en espagnol “La Ciencia española en red, COMCIRED 2011”). Les UCC+i ont multiplié les cordes à leur arc. La Fundación Seneca, par exemple, organise la semaine de la science et de la technologie régionale (SECYT).
Cet événement, qui n’a pas pu se réaliser en 2011 (faute de financement), est très important pour les habitants de région de Murcia, surtout pour les enfants de 7 à 12 ans, un public qui a plus difficilement accès aux sciences. Il n’existe pas vraiment d’équivalent de “La Main à la pâte” en Espagne. Les écoles primaires n’organisent pas, comme le font certains collèges et lycées, des semaines de la science au sein de leurs établissements [ndlr : Insituto Floridablanca]. C’est pour combler ce déficit que l’UCC+i de Murcia organise des rendez-vous qui leur sont destinés comme la semaine de la science ou la nuit des chercheurs. On le voit bien, il s’agit là de missions qui vont bien au delà de la tâche première des UCC+i (la diffusion).
La Fundación organise également des rendez-vous mensuels dans la librairie Diego Marin, à quelques centaines de mètres du campus universitaire. L’objectif reste le même : sensibiliser les plus jeunes à la recherche grâce à des ateliers, des lectures ou des spectacles de marionnettes. Ce qui change, c’est le lieu et les partenaires.
Ainsi, la Fondation, comme ses homologues dans toute l’Espagne, multiplie les actions de médiation : expositions, publications, matériel pédagogique pour les professeurs, l’organisation de la semaine de la science ou de la nuit des chercheurs, projets avec des entreprises privées… À chaque fois, le but est simple : permettre aux citoyens de comprendre ce que font les scientifiques pour « accepter » que l’agent public soit dépensé pour la recherche.

En temps de crise, certaines UCC+i se tournent vers le privé

Crise oblige, beaucoup d’UCC+i ont dû faire face à de sérieux « recortes » (« coupes budgétaires » cf. un article précédent). Toutes doivent faire plus avec moins. Mais certaines administrations ont eu le courage de maintenir actives les UCC+i dont la productivité, il faut l’admettre, n’est pas immédiate.
Comme elle l’indique dans son livre blanc, la FECYT veut mieux cerner ces acteurs polyvalents de la vulgarisation scientifique tout en leur donnant une plus grande visibilité avec la plateforme COMCIRED. La tache est ardue mais indispensable. Et c’est un médiateur scientifique qui vous le dit !

article initialement publié sur Knowtex


jeudi 8 mars 2012

Don de neurones



Il ne s'agit pas d'un appel à l'abrutissement généralisé mais d'un projet de "crowd curation" du CCSTI de La Corogne (Galice, Espagne). C'est en lisant le blog de Media Musea que j'ai découvert cette intéressante iniciative.

2012 ha sido declarado “Año de la Neurociencia en España”, y la Domus, el museo interactivo sobre el ser humano de A Coruña, quiere sumarse dedicando a la mente humana la próxima gran renovación de sus contenidos. [ 2012 a été déclaré "année de la neuroscience en Espagne", et la Domus, le musée interactif sur l'être humain de La Corogne, veut y participer en dédiant à l'esprit humain la prochaine grande renovation de ses contenus]


Cette renovation se veut collective et ouverte à tous. Pour cela, Domus, le musée de l'homme,a lancé un appel aux scolaires de la région de Galice pour créer un vaste réseau neuronnal dans la salle permanente du musée. Les centres primaires et secondaires désireux de participer pourront réaliser un neurone (format A4) et l'envoyer au Musée. L'occasion, pour les plus jeunes, de découvrir un univers fascinant. 

 

vendredi 2 mars 2012

Lecture pour le week end

La FECYT m'a envoyé un peu de lecture pour passer mes chaudes soirées hivernales


mardi 28 février 2012

La boulette d' Antena 3



C'est sur le site Amazings que j'ai découvert le reportage du journal télévisé de 15h de la chaine Antena 3. L'info, on la connait tous: "la vitesse des neutrinos, supérieure à celle de la lumière, serait due, en réalité, à une erreur technique".
Après le neutrinogate de l'année dernière, on peut comprendre que l'info soit digne du journal de 15h. Mais, ce que je comprends moins, c'est le traitement fait de cette info. Pourquoi illustrer l'expérience Opera du CERN avec des images du LHC? Pourquoi mettre une image de l'inauguration du LHC au moment où la voix off parle de la surprise des premiers résultats d'Opera?
 Mais, la confusion n'est pas seulement visuelle. La présentatrice présente les neutrinos comme "la particule de dieu". Les Neutrinos en perdant de la vitesse se seraient-il transformés en boson de higgs? Plus qu'un lapsus passagé, la confusion se répète tout au long du reportage.

Une confusion plus que génante pour le JT le plus vu d'Espagne

samedi 25 février 2012

Qu'est ce qui s'est passé cette semaine?




1-  La Fin de Público

Hier, le journal Público a arrêté ses rotatives. C'est la fin de sa version papier (la version on-line continuera). Pour un amateur de science comme moi, la disparition de Público est regrettable car le journal faisait un très bon travail de journalisme scientifique. Son absence va se sentir dans le paysage de la presse espagnole (j'avais beaucoup apprécié les DVD  de Cosmos de Carl Sagan vendu avec le journal)...



2- Fuite des cerveaux espagnols?.....Pas si grave



Le Ministre de l'Éducation, de la Culture et et des Sports, José Ignacio Wert, a annoncé sur la RNE (radio national espagnole)que la "fuite des cerveaux" espagnols à l'étranger n'était pas si "négative". Finalement, ce n'est pas si grave que ça si on est, ensuite, capable de les ramener au pays.

Cette déclaration relayée par europapress et público et ensuite largement diffusée dans la presse espagnole a provoqué de vives réactions.
 Lucas Sanchez auteur du blog Sonicando a décidé de rédiger une lettre à l'attention du ministre. Je vous en traduis quelques extraits:

"La fuite de cerveaux ne renvoie pas à un départ mais à une réelle fuite. En espagne, partir est devenu une obligation"

"Les cerveaux partent, le plus souvent, durant leur post-doc, période la plus productive d'un chercheur."

"La fuite des cerveaux est un problème car il y a plus de chercheurs qui partent que ceux qui reviennent"

"je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que partir est la meilleur des choses. Mais, il faut avoir les ressources nécessaires pour les faire revenir. Votre politique actuelle est-elle une démonstration de votre bonne volonté?"



vendredi 17 février 2012

La Science espagnole a une case en moins

       
       Dans un post, publié sur le blog de Knowtex, j’avais eu l’occasion de parler un peu des effets de la crise sur les événements et les centres de culture scientifique espagnols (Musée, semaine de la science...). Mais la “crisis” va bien au delà de la seule diffusion, communication ou médiation de la Science. La recherche scientifique espagnole est, elle aussi, concernée par les “recortes” ("reductions bugétaires"). En quelques années, la recherche espagnole a perdu 30% de son budget.

photo Sahumerio Love
Une case pour sauver la Science  

    Depuis quelques mois, sur Internet, des initiatives naissent pour essayer de mettre en avant une évidence: réduire les investissements dans la recherche scientifique est une erreur. Les premiers signes de mécontentement sont apparus avec l’élection du nouveau chef du gouvernement en novembre dernier. El señor Rajoy décida, lors de la formation de son gouvernement, de renoncer au Ministère de la Science (devenant partie intégrante du ministère de l'économie et  de la compétitivité), entraînant de vives réactions sur les réseaux sociaux. 


La Science espagnole n'a pas besoin de ciseaux. Non aux coupes budgètaires en recherche et développement
                               

       Une idée est alors apparue sur Internet. Pourquoi ne pas ajouter une case "science" dans ma déclaration de l'impôt sur le revenu? Cela a, peut-être, peu de sens pour un français mais un espagnol comprendra tout de suite de quoi il s’agit. 
      En effet, dans la déclaration d’impôt sur le revenu, le citoyen espagnol peut décider de destiner une partie de ses impôts (0,7%) à l'Église (catholique) ou/et à des ONG (sans payer moins ou plus d’impôts).Une de financement importante pour l'Église qui mérite sa campagne de pub.


                                       Spot publicitaire de l'Église catholique pour cocher la 
                                       case "église" dans la Déclaration sur le Revenu 

       Rapidement, certains ont pensé.... Pourquoi ne pas faire la même chose avec la Science? Pourquoi ne pas destiner 0,7% de nos impôts à la recherche? C’est une manière de la financer, non? Un "plus" a ajouté au financement traditionnel? Et si l’Église a pu récupérer presque 250 millions en 2011, pourquoi pas la Science?
 
       De là, naît “la casilla de apoyo a la ciencia en la declaración del IRPF” (la case, dans la déclaration de revenu, pour aider la science). Publié sur Actuable et largement diffusée sur le net, la pétition a rencontré un grand succès (plus de 300.000 signatures).

      Même si on peut douter de la réelle efficacité de la proposition (le “recorte” à la recherche scientifique fait par Rajoy à son arrivée est de 600 millions d’euros), elle a eu le mérite de mettre sur le devant de la scène les difficultés de la recherche espagnole et le financement, que beaucoup considère comme "injuste", de l'Église. Pour résumer: un beau geste.
 
La proposition a-t-elle une chance d’aller au bout?

Je doute que, dans les déclarations de cette année, apparaisse la dite case. Cependant, le 10 février dernier, un groupe de divers gauche du parlement espagnol a fait une proposition:

La inversión en I+D+i debe ser superior a lo que aumente el Producto Interior Bruto español y al menos igual a lo que crezca el gasto medio en esta materia en los países de la Unión Europea”

(L’investissement dans la recherche doit être supérieur à l’augmentation du produit intérieur brut espagnol et au moins égale à l’évolution de la dépense moyenne européenne en la matière)

L'avenir nous dira comment évoluera le projet...